Assurance vie et invaliditĂ© : qu’est-ce qui vous protège vraiment, et depuis quand ?

Entre le moment oĂą votre offre d’achat est acceptĂ©e et celui oĂą vous signez chez le notaire, plusieurs semaines peuvent s’Ă©couler. Votre hypothèque n’est pas encore en vigueur, mais l’engagement financier, lui, l’est dĂ©jĂ . Si un imprĂ©vu de santĂ© survenait avant que votre assurance vie ou invaliditĂ© soit en place, qui paierait, et combien de temps pourriez-vous rĂ©ellement conserver la propriĂ©tĂ© que vous venez de vous engager Ă  acheter ?

 

C’est ici qu’une distinction importante entre en jeu. Une assurance invaliditĂ© personnelle et une assurance-crĂ©dit hypothĂ©caire peuvent toutes les deux offrir une protection, mais elles ne protègent pas nĂ©cessairement la mĂŞme chose.

 

Ă€ retenir :

Une assurance invaliditĂ© personnelle et une assurance-crĂ©dit hypothĂ©caire ne protègent pas la mĂŞme chose, et le dĂ©lai entre votre offre d’achat acceptĂ©e et la signature chez le notaire est souvent le moment oĂą aucune des deux n’est encore pleinement en vigueur. Une couverture temporaire existe chez plusieurs assureurs dès la signature de la proposition d’assurance, sous certaines conditions, mais elle doit ĂŞtre demandĂ©e activement car elle n’est ni automatique ni universelle.

 


Protéger votre revenu ou protéger votre hypothèque ?

 

Prenons un exemple : vous gagnez 100 000 $ par annĂ©e et contractez une hypothèque de 500 000 $. Une assurance personnelle mise en place avec un conseiller en sĂ©curitĂ© financière peut notamment servir Ă  protĂ©ger votre famille, votre revenu et votre capacitĂ© Ă  maintenir votre niveau de vie. L’assurance-crĂ©dit offerte par une institution financière est plutĂ´t directement rattachĂ©e Ă  la dette : selon le contrat, elle peut couvrir certains paiements hypothĂ©caires en cas d’invaliditĂ©, ou le solde admissible en cas de dĂ©cès.

La diffĂ©rence peut sembler subtile, mais elle est fondamentale : l’une cherche principalement Ă  protĂ©ger votre capacitĂ© financière, l’autre cherche Ă  protĂ©ger une dette prĂ©cise.

 


« Mais j’ai dĂ©jĂ  une assurance au travail »

 

Avoir une assurance invaliditĂ© collective est Ă©videmment une excellente protection. Additionner plusieurs assurances invaliditĂ© ne signifie toutefois pas que toutes les prestations seront versĂ©es intĂ©gralement : les protections visant Ă  remplacer un revenu comportent souvent des mĂ©canismes de coordination, afin d’Ă©viter que les prestations totales dĂ©passent certains seuils prĂ©vus aux contrats. Une assurance-crĂ©dit fonctionne diffĂ©remment, puisqu’elle vise une obligation financière prĂ©cise plutĂ´t qu’un revenu Ă  remplacer.

 

C’est pourquoi la question « Ai-je une assurance invaliditĂ© ? » n’est peut-ĂŞtre pas suffisante.
La meilleure question est plutĂ´t :
« Si je devenais invalide demain, qu’est-ce qui serait rĂ©ellement payĂ©, et Ă  partir de quand ? »

 


Entre l’offre d’achat et le notaire : la fenĂŞtre qu’on oublie de vĂ©rifier

 

Cette question devient particulièrement urgente lorsqu’une nouvelle hypothèque est sur le point d’ĂŞtre contractĂ©e. Entre l’acceptation de votre offre d’achat et la signature chez le notaire, vos obligations financières changent rapidement, mais vos protections d’assurance n’ont pas nĂ©cessairement encore Ă©tĂ© rĂ©visĂ©es ni mises en vigueur.

 

Chez plusieurs assureurs, une couverture temporaire peut s’appliquer dès la signature de votre proposition d’assurance, avant mĂŞme que la police dĂ©finitive soit Ă©mise, et ce, sous certaines conditions (montant assurable, rĂ©ponses au questionnaire de santĂ©, dĂ©lai de traitement). Cette protection transitoire n’est pas automatique ni universelle, mais elle existe prĂ©cisĂ©ment pour combler ce genre de vide entre votre intention et la mise en vigueur d’une couverture permanente.

 

Si vous avez dĂ©jĂ  entamĂ© des dĂ©marches avec un conseiller en sĂ©curitĂ© financière avant la signature chez le notaire, la meilleure pratique est simple : assurez-vous qu’une protection soit effectivement en vigueur avant cette date, quitte Ă  mettre en place une couverture temporaire en attendant. L’essentiel est de ne jamais laisser de pĂ©riode sans aucune couverture entre l’offre d’achat et votre installation dans la nouvelle propriĂ©tĂ©.

 


Une assurance n’est ni nĂ©cessaire ni superflue par dĂ©finition. Elle devient pertinente lorsqu’elle protège un risque financier que vous ou votre famille auriez de la difficultĂ© Ă  absorber. Si vous ĂŞtes en pleine transaction, parlez-en Ă  votre courtier hypothĂ©caire : vĂ©rifiez avec lui si une protection est effectivement en vigueur avant la signature chez le notaire, pas après, et ce qu’elle couvrirait rĂ©ellement le cas Ă©chĂ©ant.