Financement immobilier : ce qui se cache derrière les craintes les plus courantes

La plupart des craintes liĂ©es au financement d’une propriĂ©tĂ© reposent sur une part de vĂ©ritĂ©. Le problème, c’est qu’elles poussent souvent Ă  ne rien faire, ou Ă  signer trop vite. Voici ce qui se cache rĂ©ellement derrière celles qu’on entend le plus souvent.
Dans cet article :
  • Pourquoi comparer les offres hypothĂ©caires n’abĂ®me pas votre dossier de crĂ©dit
  • Ce que la règle des 20 % de mise de fonds ne dit pas
  • Ce que coĂ»te vraiment une pĂ©nalitĂ© de remboursement anticipĂ©
  • Pourquoi un premier refus n’est pas une rĂ©ponse finale
  • Ce que le test de rĂ©sistance protège, et ce qu’il ne mesure pas
Octobre est le mois des peurs.
En hypothèque, elles n’ont rien de folklorique : elles se traduisent en projets reportĂ©s, en renouvellements signĂ©s sans comparaison, en questions qu’on n’ose jamais poser. Aucune de ces craintes n’est irrationnelle. Chacune mĂ©rite toutefois d’ĂŞtre confrontĂ©e aux faits.

Peur no 1 : « Si je compare les offres, mon crédit va en souffrir »

Une demande de crĂ©dit laisse effectivement une trace Ă  votre dossier. Les agences d’Ă©valuation du crĂ©dit reconnaissent toutefois qu’une personne qui compare des offres hypothĂ©caires cherche un seul prĂŞt. Plusieurs demandes de mĂŞme nature faites dans une courte pĂ©riode sont gĂ©nĂ©ralement traitĂ©es comme une seule.
De plus, lorsque votre dossier passe par un courtier hypothĂ©caire, il est habituellement analysĂ© une fois, puis prĂ©sentĂ© Ă  plusieurs prĂŞteurs. Le vĂ©ritable risque n’est donc pas de comparer. C’est de ne pas le faire, particulièrement au renouvellement, lorsque la lettre de votre prĂŞteur actuel arrive et qu’il suffit de la signer.

Peur no 2 : « Sans 20 % de mise de fonds, je n’y arriverai jamais »

Une mise de fonds de 20 % permet d’Ă©viter l’assurance prĂŞt hypothĂ©caire. Ce n’est pas pour autant le minimum exigĂ©. La mise de fonds minimale est de 5 % sur la première tranche de 500 000 $ du prix d’achat, puis de 10 % sur la portion situĂ©e entre 500 000 $ et 1,5 million de dollars. La prime d’assurance s’ajoute alors au prĂŞt.
Plusieurs outils peuvent aussi accĂ©lĂ©rer la constitution de la mise de fonds : le compte d’Ă©pargne libre d’impĂ´t pour l’achat d’une première propriĂ©tĂ© (CELIAPP), le RĂ©gime d’accession Ă  la propriĂ©tĂ© (RAP) ou encore un don familial documentĂ© par une lettre de don.
Attendre d’avoir 20 % peut ĂŞtre la bonne dĂ©cision. Ce qui compte, c’est de comparer les deux scĂ©narios chiffrĂ©s plutĂ´t que de prĂ©sumer que l’un est forcĂ©ment meilleur que l’autre.

Peur no 3 : « Si je dois briser mon hypothèque, la pĂ©nalitĂ© va m’Ă©craser »

La rĂ©ponse dĂ©pend surtout du type de taux. Avec un taux variable, la pĂ©nalitĂ© correspond gĂ©nĂ©ralement Ă  trois mois d’intĂ©rĂŞts. Avec un taux fixe, elle correspond le plus souvent au plus Ă©levĂ© de deux montants : trois mois d’intĂ©rĂŞts ou le diffĂ©rentiel de taux d’intĂ©rĂŞt. C’est ce second calcul qui peut devenir important, et sa mĂ©thode varie d’un prĂŞteur Ă  l’autre.
Plusieurs options permettent aussi d’Ă©viter ou de rĂ©duire la pĂ©nalitĂ© : transfĂ©rer le prĂŞt vers une nouvelle propriĂ©tĂ© (transfĂ©rabilitĂ©), le faire prendre en charge par la partie acheteuse, utiliser les privilèges de remboursement anticipĂ© prĂ©vus au contrat ou renouveler par anticipation Ă  un taux combinĂ©.
Autrement dit, la pĂ©nalitĂ© se prĂ©pare en grande partie au moment de signer, bien avant d’avoir Ă  la payer. Si un dĂ©mĂ©nagement, une sĂ©paration ou un projet est envisageable au cours des prochaines annĂ©es, c’est une information Ă  partager dès le dĂ©part.

Peur no 4 : « On m’a dit non, alors c’est non »

Le refus d’une institution n’est pas le refus du marchĂ©. Chaque prĂŞteur applique ses propres critères, et certains profils sont Ă©valuĂ©s très diffĂ©remment d’une institution Ă  l’autre : travail autonome, revenus de commissions, nouvel emploi en pĂ©riode de probation, dossier de crĂ©dit marquĂ© par un Ă©vĂ©nement passĂ©.
Il existe aussi des prĂŞteurs alternatifs. Leurs taux sont plus Ă©levĂ©s, mais ils peuvent servir de solution transitoire le temps de consolider un dossier. Et parfois, la bonne rĂ©ponse est « pas tout de suite ». Elle devient alors utile si elle s’accompagne d’un plan prĂ©cis : quoi corriger, dans quel ordre et dans quel dĂ©lai.

Peur no 5 : « Le test de rĂ©sistance va m’empĂŞcher d’acheter »

Pour être admissible, vous devez démontrer votre capacité à rembourser au plus élevé de deux taux : 5,25 % ou le taux de votre contrat majoré de deux points de pourcentage. Ce test réduit le montant maximal auquel vous avez accès. Il vous donne aussi une marge de sécurité si les taux augmentent au renouvellement.
Ce qu’il ne mesure pas, c’est votre budget rĂ©el. Les frais de garde, les dĂ©placements et les projets personnels n’apparaissent pas dans le calcul. Une prĂ©autorisation vous indique un maximum ; c’est Ă  vous de dĂ©terminer le montant avec lequel vous ĂŞtes Ă  l’aise.
Une prĂ©cision utile au renouvellement : depuis novembre 2024, une personne dont le prĂŞt n’est pas assurĂ© et qui change de prĂŞteur Ă  l’Ă©chĂ©ance, sans augmenter le montant empruntĂ© ni la pĂ©riode d’amortissement, n’a plus Ă  se requalifier au test de rĂ©sistance. Comparer Ă  l’Ă©chĂ©ance est donc plus accessible qu’on le croit souvent.

La peur Ă  surveiller : celle de poser la question

La plupart de ces craintes se dissipent avec une conversation de trente minutes et des chiffres réels. Avant de reporter un projet ou de signer un renouvellement, prenez le temps de vous poser ces trois questions :
  • Savez-vous exactement ce que coĂ»terait la sortie de votre hypothèque actuelle si votre situation changeait par exemple ?
  • Avez-vous comparĂ© au moins une autre offre lors de votre dernier renouvellement ?
  • Connaissez-vous le montant auquel vous ĂŞtes admissible aujourd’hui, et celui avec lequel vous seriez rĂ©ellement Ă  l’aise ?

 

Si l’une de ces rĂ©ponses vous Ă©chappe, parlez-en avec nous.
Votre situation n’a pas besoin d’ĂŞtre parfaite pour commencer la conversation.

*Sources :
Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC)
Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), ligne directrice B-20
SociĂ©tĂ© canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL)
Gouvernement du Canada, CELIAPP et RAP
Equifax Canada et TransUnion Canada.